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Jenny Kerr
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SA MUSIQUE

Jenny :" Je pense que la musique que je fais c'est de la musique Folk amplifiée. Je peux vous surprendre mais j'aime bien le côté acoustique du folk, du blues."
CW : " On sent beaucoup d'énergie dans votre musique, même sur des chansons plus lentes. "
Jenny : "Absolument, quand je joue j'es-saie de donner cette énergie. Les gens viennent pour nous écouter, partager quel-que chose avec nous. C'est une commu-nion, aussi nous donnons tout ce que nous avons.

SON CHOIX DE DEVENIR MUSICIENNE

CW : " Pourquoi avoir fait le choix de faire de la scène, de la musique? "
Jenny : " C'est venu naturellement. Je n'ai jamais voulu être sur scène. Ce n'était pas un rêve. Lorsque j'étais enfant à 11, 12 ans, j'écrivais déjà des chansons, pour mes amis. Puis j'ai arrêté un moment.
Ensuite des amis ont monté des groupes et m'invitaient à venir chanter sur scène. Ce n'était pas vraiment un choix. Les choses sont arrivées. Tout simplement. Et se sont enchaînées

C'est aussi ce qui rend la musique améri-caine meilleure, car il faut se battre, tout donner. "
CW : " Sur votre CD 'Itch', était-ce un choix de présenter un ensemble de chansons de styles différents, qui permettent de voir qui est Jenny Kerr?"
Jenny : " Je pense que oui. Je ne voulais pas me galvauder, mais montrer ce que je suis vraiment, mes influences. "
CW : " Il a reçu un bon accueil? "
Jenny : " Oui, j'ai été très surprise. Je me rappelle la première fois où je l'ai joué dans une radio en Californie. Les gens ont aimé. Il y a eu de nombreux articles, beaucoup de soutien. Cela m'a permis de rencontrer de nombreux amis sur la route. C'est une merveilleuse route qui s'est ouverte à moi. On va ressortir l'album et y rajouter quelques morceaux.
Si on a la chance de l'enregistrer, un deu-xième est prévu pour l'automne, après la tournée d'été."
CW : " Ce sera dans le même état d'esprit, ou il y aura une évolution? "
Jenny : " Oui il y aura de nouvelles chansons, différentes. Mais aussi des choses très simples, dans le même esprit que le premier. De la nouvelle matière."
CW : " Votre évolution, par rapport à la musique ou ce que vous écrivez, est liée à quoi? "
Jenny : "Au fur et à mesure du temps, les choses deviennent plus claires. En évo-luant, on devient plus créatif. Le plus im-portant c'est de trouver le son voulu. Avec ce deuxième album, je m'investis plus dans les textes. Le premier, je l'ai écrit pour moi. Puis quand on se rend compte que ce que l'on a écrit donne quelque chose, on aborde les choses différemment. Je n'écris pas différemment, je ne me prends pas plus au sérieux, mais je suis plus concentrée. "

LE PUBLIC EUROPEEN

CW : " Un artiste américain qui tourne en Europe vit-il des choses différentes par rapport aux USA. "
Jenny : " C'est complètement différent. La manière dont les gens reçoivent la musique est complètement différente en Europe. Le public est plus attentif, plus respectueux de la musique. Ils écoutent et apprécient. Je trouve que les gens sont plus ouverts à de nouvelles musiques En Amérique, les gens vont aimer ce qu'on leur fait écouter à la radio. Ici, ils vont découvrir et aimer par eux-mêmes. Là-bas, on n'entend que le top Ten, c'est du matraquage. Ils aiment ce qu'ils ont l'habitude d'entendre. Par exemple en France, Georges Lang a passé ma chanson, parce qu'il l'a aimé. Aussi je préfère le public d'ici."

SON PASSAGE A CRAPONNE-Sur-ARZON.

CW : " Lorsque vous avez joué à Crapon-ne, c'était la première fois en France. Comment avez-vous vécu ce moment?"
Jenny : " C'est probablement le meilleur souvenir musical que j'ai. C'était merveil-leux! Très chaud (dit-elle en riant. En effet elle a joué dans l'après-midi et la scène était emplie de soleil.). C'est le plus grand succès de ma carrière. C'était une vraie surprise, je ne pouvais pas le croire. Quand on a commencé, il y avait peu de gens auprès de la scène et ils sont arri-vés petit à petit. C'était un honneur. J'aime ce festival."
CW : " Le passage à Craponne a permis d'ouvrir les portes de l'Europe et de la France en particulier? "
Jenny : " Oui, nous revenons pour une tournée d'été. "
CW : " Vous commencez à trouver un public en Europe, des gens qui suivent les concerts, qui apprécient votre album?"
Jenny : " Oui, je suis surprise. Je suis invitée à jouer par-ci par-là. J'ai beaucoup de concerts "

JENNY ET LA LANGUE FRANÇAISE

Bien qu'elle ait répondu aux questions en Anglais, car les mots arrivent plus facilement, Jenny Kerr parle bien le français, quelquefois même sans accent. CW : " Lors du concert de Lyon, vous avez traduit une partie des paroles d'une chanson en français. Est-ce que cela vous donne envie d'écrire en français."
Jenny :"Je pense que c'est toujours mieux d'écrire dans sa langue maternelle, parce que l'on s'exprime mieux,mais

LA PRODUCTION DE SON CD

CW : " Votre dernier C.D. est coproduit par Phill et Vous-même. Aujourd'hui aux Etats Unis, c'est difficile de produire de la musi-que."
Jenny : "Les grands labels veulent faire des choses commerciales, et ce n'est pas pos-sible de travailler avec eux, car ils dénatu-rent notre travail. C'est peut-être plus diff-icile de s'auto-produire, car on n'a pas le soutien logistique des labels, mais au moins on ne se fait pas exploiter. Quand tu es au point, tu deviens bien plus créatif. Tu connais le risque et tu ne dois rien à per-sonne."
CW : "C'est un choix?"
Jenny: " Ce n'est pas un choix facile, mais je pense que c'est le meilleur choix."
CW : " C'est le meilleur moyen de rester soi même".
Jenny : " Exactement. Quand on est sous un label, on veut faire comme les autres et on perd son identité. Ca me plaît bien d'avoir choisit ce chemin."
CW : " Aux USA, il semble qu'il y ait de nombreux artistes indépendants. C'est facile d'y trouver sa place?"
Jenny : " Je pense que c'est très difficile. Il y a tellement de musiciens, d'excellents groupes.

c'est bien lorsque l'on vient dans un pays, d'essayer de communi-quer, que les gens comprennent les mots. Cette chanson s'y prêtait particulièrement. Mais non, je n'oserai jamais écrire en français."
CW : " Est-ce que le fait de parler français, vous donne un rapport privilégié avec le public? "
Jenny : " Pour moi, c'est important de pouvoir comprendre ce que les gens disent. Cela facilite mes rapports avec eux. En France, je me sens chez moi, et je suis heureuse d'être ici. "

Retrouver en page 3 le questionnaire de proust que j'ai proposé à Jenny, lors de son passage à Paris au Billy Bob's pour le festival de Disney Village.