Roger Morand
Magazine Web consacré aux gens qui vivent et font vivre la musique country en France
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Rencontre avec Roger Morand lors du festival de Mirande, dans le Gers.
Il y était venu jouer avec son groupe, et il fait aussi parti du band qui a accom-pagné Ian Mac Camy.

CW :" Le zydeco a l'air de prendre de plus en plus de place."
RM : "Il se passe pour le zydeco ce qui s'est passé , il y a vingt ans pour la cajun. C'est à dire qu'il y a vingt ans, on ne jurait que par la musique cajun traditionnelle blanche et toute la musique noire était complètement occultée, sauf dans le blues et le jazz. Pendant quinze ans j'ai plus joué de la musique noire car je militait pour cette musique là parce qu'elle n'était pas reconnue. A l'heure actuelle les groupes cajun de Louisianne ou de France font aussi du Zydeco et mettent un peu de côté le cajun traditionnel. Du coup je joue du cajun blanc aussi, pour ne pas faire de racisme dans l'autre sens."

CW : "Et vous vous proposez des compositions personnelles?"
RM : "Oui. Un bon musicien de cajun et zydeco doit savoir faire trois choses : jouer des morceaux traditionnels, adapter des morceaux de quelqu'un d'autre et doit pouvoir composer. Je n'envisage pas un concert, sans traditionnel, sans reprises ou sans compositions."

CW : "C'est une musique facilement accessible pour le public?"
RM : "Pour le public ça passe bien. C'est une musique festive chantée avec des mots simples. C'est une musique pas simple à jouer mais facile à écouter."

CW : "C'est facile, en France de trouver des musiciens qui jouent ce style de musique?"
RM :
"Ca dépend, c'est pas très difficile, mais le problème c'est que la plupart des musiciens qui jouent cette musique là, jouent du cajun blanc traditionnel. Moi j'aime bien le cajun rock et le cajun noir. Les musiciens qui s'adaptent bien à la musique Cajun sont plutôt issus du rock ou du blues. Quelqu'un qui a fait du blues sera plus à l'aise parce souvent les bluesman débordent sur les mesu res. Le cajun est une musique très libre. On peut jouer pour le public "sans bais- ser la culotte". A savoir que l'on peut jouer dans un style jazz, blues, rock, country, folk voire folklore sans avoir à se renier."

Né dans la région parisienne, il vit actu-ellement dans un petit village du Gard.
Il pratique la musique cajun depuis l'âge de quinze ans.
CW :"Qu'est ce qui vous a amené à ce genre de musique?"
RM : "Je m'appelle Roger et je suis né à Nogent sur Marne et évidemment quand j'étais petit mes parents m'ont collé un gros accordéon chromatique sur les pat-tes. J'aimais bien le son de l'instrument mais pas trop le répertoire, puis adoles-cent je me suis mis à faire du rock com-me tous les adolescents. Et j'aimai bien. Mais je ne comprenais pas l'anglais. C'était pêchu mais un peu agressif. Moi j'aime bien ce qui est pêchu mais festif. Puis il y a eu la mode du folk américain d'abord, puis français ensuite. J'aimai bien mais je trouvais ça un peu gnan-gnan. Puis un jour j'ai vu un groupe ca-jun avec un accordéon, c'était en fran- çais, c'était du rock, du folk, c'était pê- chu mais pas agressif, c'était festif. Donc je suis allé dans ce style de musi-que."