Magazine web sur la musique country en France
Festival Disney Village Avril 2004
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Du 23 au 25 avril, Disney Village s'est transformé en capitale du Far West pour la deuxième édition du Country et Western Festival. Trois jours pendant lesquels, les spectateurs avertis ou simples visiteurs venus pour profiter de l'ambiance festive et qui reste dans l'esprit de Disneyland, ont pu profiter des animations (rodéo mécanique, cow boys et inévitables indiens, village western). Côté country, les démo de Line Dance ont permis aux spectateurs de passage, d'appréhender cette passion qui gagne à chaque manifestation un peu plus d'adeptes. Ces danses sont surement un peu l'opportunité de faire découvrir la Country Music, sous un angle convivial et d'en montrer l'esprit de partage. Le phénomène que l'on observe en France en est la vivante preuve.
Les concerts avaient lieu sous le Dôme (grand chapiteau) du village et dans le Billy Bob's, le lieu incontournable de la Country Music en France, devenu une référence en Europe.
Côté concerts, mon sentiment est mitigé. Sous le dôme, il m'a été donné deux voir deux gars qui ont fait le "show". Que ce soit le vendredi avec le Canadien JC Harrisson ou le samedi avec l'Américain Ken Mellons. Est t-il nécessaire d'en faire trop pour essayer de toucher le public, alors que seulement être (au lieu de paraître) aurait permis d'apprécier un talent qu'ils ont surement. Pour ma part je ne suis pas adepte de ce genre de démonstration, qui vise à "draguer à outrance le public".
La précipitation de JC Harrisson à vouloir rentrer dedans et son émotivité à l'extrême, l'ont desservi (il s'est trompé plusieurs fois de chanson).
Son imitation de Hank Williams saoul sur scène, était "too much".
Ne faut-il pas retenir de ce talent de la country plutôt l'immensité de ce qu'il a apporté à cette musique, plutôt que ses excès personnels? A vous de voir.
Le show a surement convenu a un public de Line Dancers, car le répertoire proposé par JC Harrisson leur est bien connu et est très enlevé.
Une majorité de spectateur a apprécié et JC Harrisson commence à se créer une réputation en France.

Côté Ken Mellons, je suis restée sans voix. Il jouait pour la première fois en France. Précédé d'une bonne réputation dûe à de bons CD, il est arrivé sur scène dans un état d'excitation suspecte. Pour ma part, je n'ai pas compris le scénario qu'il a joué devant nous. Ses tortillements, sa prestation avec une charmante jeune fille du public, ne m'ont pas séduite.
Le volume monté à fond ne suffit pas à être porté par la musique. Certes une belle voix, de trés bons musiciens qu'il ne nous a pas été donné d'apprécier à leur juste valeur.
Où est la part de sincérité dans tous ces excés?
Une grande partie du public a du entrer dans le jeu visuel de ces showman, mais que restera-t-il dans le coeur à la sortie du concert?

Pour moi un concert réussi est celui où la musique a été le vainqueur, ou le chanteur l'a servi par le meilleur de son talent, où la plus grande des forces reste la simplicité.
Et là, je n'ai pas ressenti cela.
Pas de charme. De celui qui vous poursuit de longues heures après et dont vous avez envie de parler le lendemain avec ceux qui en ont été témoin avec vous.

Ce charme là, je l'ai trouvé au Billy Bob's.
Et particulièrement avec Billy Dee à la basse et le génial Redd Volkaert,à la guitare, tous les deux, des figures emblématiques de la Country music aux USA, où ils ont accompagné les plus grands.
Pas de grande démonstration physique, mais une virtuosité et une subtilité qui rendaient attentif, le public présent.
La salle et les trois étages sont restés pleins jusqu'au bout.


Billy Dee
Chacun des deux compères nous a servi une bonne partie de leur
répertoire personnel, en chantant à tour de rôle.
Rick Volkaert a donné l'immensité de son talent, en maitrisant à merveille sa guitare qui ne paye pas de mine, mais qui en a vécu des concerts, dans tous les recoins de l'Amérique.
Il y a dans cette guitare et le jeu de Rick, toute cette histoire inscrite en eux. Et le son du moment présent, se sent nourri de toutes les expérience accumulées.
Merci de nous les avoir fait partager.
Sans oublier un petit clin d'oeil à l'humour tout en finesse de Rick , quand il distille pendant le concert quelques "thank you ladies".
Pour le concert du samedi soir, j'étais un peu sur la défensive. Echaudée par les deux concerts du dôme où les protagonistes étaient arrivés auréaulés d'une bonne réputation de coulisses, j'attendais de voir cette fois, si Cripple Creek Band était à la hauteur des "concerts inoubliables" et autres "live du volcan".
Les cinq garçons ne m'ont pas déçue. Un concert énergique et enlevé. Un répertoire trés varié où chacun a eu l'opportunité de s'exprimer, musicalement ou vocalement. Tous les genres semblent avoir été passés en revue et joués avec la même envie.

Le groupe est né en Allemagne en 1993. Il est composé d'Allemands et d'Américains.
Ils ont joué avec plaisir et sincérité. Un vrai esprit de groupe, où chacun est à sa place et sert la musique qui est au premier plan.

Le Bilan de ce deuxième festival est positif. Des spectateurs en nombre. La gratuité des concerts sous le dôme est surement une bonne chose pour permettre aux spectateurs de passage au Disney village de découvrir et se familiariser avec la Country Music qui manque cruellement de médiatisation en France. Aussi tous les autres moyens sont appréciés par les afficionados.
En tout cas le déplacement à Marne-la-Vallée en vaut le coup. Evasion garantie.
Rendez-vous l'année prochaine pour la troisième édition.
Retrouvez les photos des concerts de ce festival