Magazine web sur la musique country en France
Danni Leigh
    Retour au sommaire    

Danni LEIGH

Danni Leigh, une bonne partie du public français l'a découverte lors de son passage au festival de Craponne en 2001. Elle a laissé un souvenir profond pour ceux qui ont pu l'apprécier sur scène. Un show avec beaucoup d'énergie. De la country aux accents très Rock. Une vraie "bête de scène". Elle dégage quelque chose de très puissant.
Elle joue beaucoup avec son look et en même temps elle a besoin d'établir le contact avec le public. Le meilleur moment, celui où après plusieurs chansons, elle enlève son chapeau, comme pour se rapprocher un peu plus, se montrer telle qu'en elle même.
Lors du festival de Schufart en Suisse, j'ai eu le privilège de parler longuement avec elle de son parcours musical. Elle s'est confiée avec disponibilité et gentillesse.
Elle nous fait partager son plaisir d'être sur scène, de faire la musique qu'elle aime, son détachement vis à vis de la musique de Nashville. et son désir de revenir à nouveau en France, car elle garde un souvenir très fort de son passage.

Née en février 1970 à Strasburg, en Virginie elle commence a chanter à l'âge de trois ans à l'église. Issue d'une famille de musiciens, elle est baignée de musique country dès son enfance. C'est la musique qu'elle choisira tout naturellement pour exprimer ses talents artistiques.
Pour elle qui révait d'être une star, le destin a été différent de ce qu'elle ambitionnait.
Et elle a accepté la route qui était tracée pour elle.
Trois albums, trois labels différents. Le parcours n'est pas si simple. Chance ou malchance, que ces différentes ruptures qui ne sont pas de son fait, je parierai volontiers pour la première.

Peu importe qu'elle ne fasse pas de concerts devant des milliers de personnes, elle a eu la sagesse de suivre le chemin qui lui était proposé.
A savoir faire ce qu'elle aime, sans concessions pouvant l'éloigner de ce qu'elle est.
Aller à la rencontre des fans, des vrais amateurs de country music, jouer peut être pour un public moins nombreux, mais qui sache apprécier ce qu'elle fait.
Sa raison d'être, se produire sur scène. Son leitmotiv, évoluer, découvrir de nouvelles sensations, aller de plus en plus vers son essence propre.
Gageons qu'avec le temps Danni Leigh restera fidèle à ses racines, à elle même et qu'elle suivra la voie qui est la sienne.


CW : "Pourquoi avez-vous choisi d'être chanteuse?"
Danni Leigh : "Je ne sais pas si j'ai réellement choisi. Cela s'est fait tout seul. Vous savez c'était une chose naturelle, un désir et quelque chose que je ne pouvais pas renier. Je n'ai jamais rien voulu d'autre, aussi je l'ai réalisé."

CW : "Pourquoi la country music?"
Danni Leigh : "Quand j'ai commencé à chanter, ma mère et mon père étaient vraiment dans un environ- nement de country music.
Là où j'habitais, il y avait beaucoup de musique bluegrass. J'ai commencé par écouter et aller voir des groupes de bluegrass. Je savais que ce n'était pas ce style que je voulais faire, mais que c'était proche. Et puis mes parents mettaient tout le temps des disques de Country Music. Et j'ai commencé à écouter Kitty Wells, Merle Haggard, et Jerry Reed, de la musique qu'écoute les routiers."

A l'âge de dix neuf ans, elle a l'opportunité d'aller à Orlando, où elle fait les coeurs pour des groupes de Rock, Funk et Ska.
Elle fait différents travails et c'est son emploi chez Fédéral Express qui l'amènera à aller à Nashville en 1993.
Dans un premier temps, pour elle ce qui était important c'est d'être là pour écouter et voir ce qui se passe. "me taire et écouter".

CW : "Pouvez-vous nous parler de vos premières années à Nashville?"
Danni Leigh : "Quand je suis allée à Nashville, je savais un peu ce que je voulais faire. Dans ma tête, j'avais envie, je savais qu'il était temps pour moi de travailler. Quand j'y suis allée pour la première fois, je n'avais jamais joué nulle part. Je n'avais pas essayé de me faire connaître. Je sentais que la meilleure chose pour moi était d'observer, d'écouter les autres, de comprendre comment ça se passait, d'écouter des gens que je respectais.
Puis j'ai trouvé un job de serveuse au Blue Bird Café, et c'est comme cela que tout a commencé. J'ai rencontré Michael Knox, le vice-président de Warnell Chappell. J'ai signé dans cette maison d'édition, comme auteur, compositeur, interprète. J'ai commencé à écrire des chansons, à faire des démos.
Au fond, tout a commencé par l'intermédiaire de cette maison d'édition de musique. En quelque sorte, ils étaient les premiers à tenter le coup, ils ont dit qu'ils comprenaient et qu'ils allaient voir ce que cela aller donner. Nous avons fait ensemble un album de chansons que j'avais écrites, avec deux autres titres que j'avais trouvés et aimés.

Et c'est comme ça que j'ai signé chez Decca.


Mais malheureusement, je suis tombée à une période où Decca a été racheté par une grosse compagnie et ce label a disparu. Tout ça c'est la version courte, d'une très très longue histoire.
Tout a commencé au Blue Bird Café, où j'ai rencontré de nombreuses personnes que j'avais plaisir à écouter. Je m'intéressais à leurs histoires, et à ce qui leur arrivait , mais en réalité, moi même je n'ai jamais joué la bas."

CW : "Aujourd'hui, c'est difficile de faire la musique country, que vous aimez. C'est en effet trop country pour les stations de radio actuelles. Comment vivez-vous cela?"
Danni Leigh : "Vous savez, c'est étrange, car ce que je fais n'est pas si traditionnel que ça. Mon show, sur scène est très rock. Mais je pense qu'au fil des années, mon style a été beaucoup plus traditionnel que certains, surtout pour Nashville.
Mais c'est le style dans lequel j'ai grandi, que j'ai écouté et que j'ai mis dans mes disques country. C'est très traditionnel, et je continue juste à faire la musique qui me touche. Et je ne me préoccupe pas de ce qui se passe à Nashville.
J'habite aujourd'hui à Austin au Texas. Et l'une des principales raisons c'est qu'ils ne respectent pas la musique country. C'est vraiment une mauvaise version de pop music, et cela ne me correspond pas.
Je n'ai pas envie de faire ce genre de musique, je continue à faire la musique que j'aime, à écrire des chansons qui sont vraies. Je trouve des endroits où me produire, un public qui apprécie ce que je fais, des fans du monde entier qui sont dans le même état d'esprit que moi et pour qui Nashville ne représente pas tout.
On peut définitivement faire sa vie et ce que l'on aime en dehors de cette ville. J'espère qu'un jour on reviendra aux vraies racines. On pourrait faire une bien meilleure musique, mais cela n'arrivera probablement pas.