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A l'occasion du
festival Country de Disney Village, j'ai fait la connaissance de Françoise
Roy, connue pour être la seule à médiatiser la Country
sur un grand média national, en France. Je souhaitais avoir son
point de vue à ce sujet.
Je l'ai soustraite
à la piste de Line Dance, dont elle est adepte, pour bavarder
un peu.
Rédactrice
en chef des journaux de la nuit sur France 2, elle présente à
la fin de son journal, un page culturelle, de 2 à 5 minutes,
car elle a souvent un invité. Les thèmes abordés
sont le théâtre, le spectacle, la musique, quelle qu'elle
soit et depuis quelque temps, la musique Country. Car elle-même
passionnée de Country, voulait témoigner de ce phénomène
qui touche de plus en plus de gens de tous horizons et tout âge.
Son public: de 500 000 à 1 million de téléspectateurs
en fonction des programmes qui précèdent le journal de
la nuit. Des gens qui sortent, qui vont aux concerts, et qui n'ont pas
vu les informations de 20H. Ainsi que les grands décideurs qui
rentrent tard. "Nous avons fidélisé notre public
grâce à cette page culturelle." Ce qui lui a valu
les félicita-tions de sa direction.
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CW : "Lorsque
vous avez introduit la musique Country, comment cela a-t-il été reçu,
aussi bien de la part des instances que du public en général?"
F.R.
"Par les lettres que nous avons reçues, les réactions
ont été différentes en fonction des gens. Ceux
qui ne connaissent pas ce style de musique ont été agréablement
surpris. Beaucoup ne savent pas vraiment ce qu'est cette musique.Ca
c'est la première surprise, la deuxième surprise c'est que j'ai eu beaucoup
de lettres de gens qui sont des passionnés de country, satisfaits que
l'on parle enfin
de la Country à la télévision. Eux, savent que je vais pas-ser un sujet,
parce qu'ils me connais-sent, qu'ils me voient faire les repor-tages,
parce qu'ils me voient sur les festivals ( j'essaie d'en faire le maxi-mum.)
Il y a le bouche à oreille, et forcément, ils écoutent.
Quant à ma diffusion, c'est beaucoup plus difficile, parce que la direction
fait de l'anti-américanisme primaire, je n'ai pas honte de le dire.
Dès que l'on parle de l'Amérique, ça devient scandaleux. Dès qu'on prononce
le mot Disney, c'est tabou. Quand on parle des autres parcs, c'est de
l'information, alors que pour Disney, cela devient de la pub. Quelquefois,
j'ai envie de rendre mon tablier, car je ne comprends plus.
A partir du moment où il se passe quelque chose quelque part, comme
par exemple hier soir, avec Asleep at the Wheel, c'est de l'information.
Je ne comprends pas la position de certains médias qui ne veulent pas
traiter de la Country Music ou d'autres musiques."
CW : "Il y a quand même une évolution, depuis deux ou trois
ans."
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F.R. :"
Depuis le reportage que j'ai fait pour envoyé spécial. 30 minutes, consacrées
à un groupe français qui partait jouer de la Country Music à Nashville.
Depuis ce reportage, il a été reconnu qu'il y avait "un phénomène de
société". Il y a quinze ans, il y avait trois clubs de danse en France,
aujourd'hui, il y en a 450. Il y avait un festival, maintenant il y
en a 15, voire 20. Il y avait 1000 personnes par festival, il y en a
20 000.
C'est notre rôle de média d'en parler. Mais, il y a encore un gros blocage.
Pour ma part, j'ai des projets de magazine, prêts à être réalisés,
mais bon, personne n'en veut.
La country, pour moi, c'est un peu du rêve, ce sont des réminiscences
de l'enfance, les grands espaces américains. Ca n'est pas que la politique
de Georges Bush. Il faut arrêter les bêtises."
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CW :"Vous
pensez qu'il faut quand même la médiatiser via l'image western."
F.R.:"Je pense qu'il faut la médiatiser telle qu'on la ressent,
telle qu'on la voit, avec la partie Western, avec la Line Dance si Line
Dance il y a. La musique country va avec tout ce qui est autour. C'est
un phéno-mène économique. Il y a la mode western, on achète des bottes,
des chapeaux. Il faut le traiter comme une information à part entière."
CW :"J'ai remarqué que l'on entendait de plus en plus, par
petites touches, des sons country, dans la pub, dans certains reportages,
en musique de fond, vous pensez que cette musique peut s'introduire
petit à petit pour prendre une place à part entière, ou que c'est juste
une mode."
F.R. :"Je pense que c'est un phénomène de mode, mais qui va
perdurer parce que la vie est cyclique, on revient toujours au passé
et on recommence. Le "old time" va forcément revenir, c'est
une musique très gaie, de vieilles chansons très jolies, comme on revient
aux vieilles chansons françaises. Là on a un phénomène qui vient en
force, qui va s'estomper avec le temps et qui reviendra. C'est une suite
de cycles."
CW :" Comment peut-on plus médiatiser la Country? Est-ce
que ce sont les gens qui sont dans le milieu et qui en se fédérant pourraient
faire évoluer les choses?
F.R. : "Je pense que c'est avant tout politique. Dans l'esprit
des gens, Il y a le grand Satan américain. Quand on fait une télé pro
irakienne et anti américaine, forcément on ne peut pas passer de la
Country music. Et même si on essaie d'expliquer que c'est une musique
à part entière et que l'on n'est pas forcément pro-américain, ou pro
ceci ou contre cela, quand on aime cette musique. Quand les politiques
auront déjà compris ça, ce sera un grand pas.
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Quant au niveau
du ministère de la culture, il est fixé un quota de chansons françaises,
évidemment, nous serons toujours un peu bloqués.
Je pense qu'il faudrait avoir une ouverture d'esprit un peu plus large
et arrêter ce sectarisme stupide."
"Moi mon rêve, c'est de faire une chaîne thématique, sur TPS, sur
le câble, sur n'importe quoi, qui soit consacrée à la Country, comme
on le fait aux Etats Unis. Pour les gens qui aiment ça, uniquement,
sans arrière pensée politique. Mais simplement parce que c'est joli,
qu'il y a derrière tout un contexte, les chevaux, la nature. C'est un
état d'esprit, la Country. Si on nous laissait un petit créneau, je
pense que ça attirerait beaucoup de gens. Il y a une vraie demande.
Cela touche des milliers de gens."
CW: "Pensez-vous que l'on puisse faire de la Country en Français?"
F.R. : "Non, c'est ridicule. La country à la française je
n'y crois pas du tout. Les producteurs susceptibles de s'intéresser
à certains groupes, voudraient des textes en français. Pour ma part,
je n'y crois pas, faut voir. Pour moi, derrière la musique Country,
il y a les grands espaces, les cow-boys."
CW: "Ne pensez-vous pas que l'on puisse la considérer comme
une musique en soi et ne pas l'associer à cette image?"
F.R. : "Je ne crois pas, car les thèmes des chansons country
racontent l'histoire d'un pays. Je ne vois pas comment on pourrait les
dissocier."
CW : "Pour vous en Europe, quelle est la part de la France?"
F.R. :"J'ai l'impression que la France suit le mouvement,
mais loin derrière l'Allemagne, la Suisse, ou la Hollande. En France,
par exemple, il est très difficile de trouver des CD, contrairement
à l'Allemagne où l'on trouve quasiment tout."
CW : "Que pensez-vous de la qualité musicale des groupes
français?"
F.R. : "Je pense qu'ils ont une excellente qualité musicale.
Lorsque j'ai suivi les Road Riders à Nashville, les Américains étaient
épatés de savoir que c'étaient des Français. On peut avoir le son américain
et de très jolies voix. Evidemment ce n'est pas Asleep at the Wheel
et Ray Benson, mais c'est de la bonne qualité."
Et pour terminer
: "Vous personnellement, cela fait longtemps que vous aimez la
Country?"
F.R. : "Moi, j'adore la country, j'ai la passion des chevaux,
des motos. Je vis country depuis des années. Je n'ai pas attendu que
cela soit à la mode. Je vais aux USA quatre fois par an. Mon rêve
c'est de m'acheter un ranch. J'ai monté un groupe de Country ("on
joue du old time et du bluegrass). La country m'a aidée dans la vie.
Quand je n'ai pas le moral, j'écoute une chanson Country (un bon Johnny
Cash), ça va tout de suite mieux après.
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