Robert Wanstreet
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de pratiquer les mêmes choses ensem-ble. Nous vivons dans un monde qui n'est pas évident. Pouvoir avoir une échappa-toire à tous ses soucis en pratiquant en bonne intelligence et en bonne entente quelque chose d'aussi sympathique, c'est ce dont les gens ont vraiment besoin aujourd'hui. Ce qui fait partie de son succès, c'est que cela répond à un besoin.
CW : Le nombre croissant d'associations de line dance ne risque-t-il pas de faire baisser la qualité des cours ?
RW : C'est une bonne question. Je suis quelqu'un de fondamentalement optimiste et j'essaie de voir le bon côté des cho-ses. Dans l'ensemble, il va y en avoir cer-tains qui vont s'improviser professeurs sans trop savoir de quoi ils parlent. Mais si dans le village d'à côté il y a un cours où le prof fait bien son métier, ce sont les élèves qui feront remonter vers le haut les bons profs. Les autres, il faut les encou-rager. On ne veut pas les éliminer, au contraire, on veut les accueillir pour être tous sur la même longueur d'ondes.
CW : Y a-t-il en France beaucoup de professeurs qui ont passé une certifica-tion ?
RW : En France, cela marche très bien. En région parisienne il y a beaucoup de professeurs qui ont passé leur niveau. Et pareil pour la province.
CW : En France, quelles sont les régions où la line dance est la plus répandue ?
RW : J'ai l'impression qu'elle s'est plus implantée dans le sud. Ici, à Lyon, c'est fabuleux. Des fêtes avec 700 personnes, sur Paris, je n'en connais pas.
CW : Et vous, personnellement, vous aimez la musique country ?
RW : Ah ! J'adore çà. J'ai baigné dedans quand j'étais petit. Nous avons vécu une belle époque de la musique country fin 80 début 90. Cette époque est révolue. Il n'y a plus la production musicale de cette période. C'est pour cette raison que de nombreux artistes country se sont tour-nés vers la pop : comme Shania Twain

par exemple.
CW : Vous semblez avoir de bons rap-ports avec Anne-Marie Ségura ?
RW : Nous sommes devenus amis. Ce qui est très agréable car la plupart du temps, je n'ai que des rapports client-fournisseur ou professeur-élève. Alors qu'avec d'autres, il y a un feeling, une philosophie similaire qui fait que nous entretenons des relations d'amitié au fil des ans. Je l'encourage vraiment dans ce qu'elle fait, car elle le fait très bien. Je la félicite et je suis plein d'admiration car je sais que ce n'est pas un boulot facile.
CW : Et ce soir, quel va être votre rôle ? RW : Nous avons prévu une animation pour que tout le public participe. Ce sont des danses pour non danseurs. Le but est de leur faire goûter le plaisir de la danse. Et d'autre part, avec une de mes élèves, formée en danse en couple, nous allons faire une démonstration. Cela per-mettra de découvrir les danses country à deux.
CW : Est-ce que vous faîtes des con-cours ?
RW : J'en ai fait par le passé, mais j'ai un peu passé l'âge et je n'ai plus le temps.

CW : Vous consacrez tout votre temps à la danse ?
RW : Non. Je suis professeur dans une école de commerce à Paris depuis dou-ze ans. La danse est une activité paral-lèle et qui a pris beaucoup d'ampleur. Je voyage pas mal en Espagne, en Italie, en Angleterre et en Irlande pour donner des cours. Cela me rassure de voir que c'est une activité qui plaît toujours aux gens. C'est vrai qu'il faut la laisser évo-luer, toute chose évolue.
CW : Et en France, comment est-elle vécue par rapport au reste de l'Europe ?
RW : De manière très traditionnelle. Les français sont très attachés à l'image de l'ouest. Aux Etats-Unis, on ne le vit pas comme ça, où ce sont surtout les dan-ses en couple qui sont appréciées. Dans les autres pays d'Europe, c'est surtout la danse qui importe plus que la musique.
CW : Comment la voyez-vous évoluer ?
RW : Qui vivra verra. Je n'en sais rien. Je lui souhaite longue vie. Je pense qu'elle vivra longtemps.
CW : Comment expliquez-vous l'en-gouement des gens pour la line dance ? RW : Je pense que c'est pour la même raison que moi. Les vraies valeurs sont

phie. C'est ce qui m'a personnellement attiré. Que mes élèves soient habillés avec "le grand jeu" : chapeau et boucle, ou habillés normalement, cela m'est égal parce que l'essentiel c'est de parta-ger quelque chose de fabuleux, en dan-sant et en s'amusant ensemble. Et cela restera quel que soit le type de musi-que. Je ne suis pas un puriste.
Magazine web de la musique country en France
CW : Quelle différence voyez-vous entre la danse country en couple et les danses de salon ?
RW : Déjà, la musique. Le style est différent. La country se veut fun. Ce qui n'est pas le cas des danses de salon. La danse country reste toujours communicative avec le public, alors qu'en danse de salon ce sont souvent deux danseurs qui dansent pour eux, ou chacun qui danse pour soi. Il n'y a pas cette communication du regard, du sourire, des éléments d'humour.
CW : Quelle est sa place en France?
RW : La danse en couple n'est pas encore très répandue en France. Les gens ont une fausse idée de la danse country, ils pensent qu'il n'y a que la line dance. C'est la raison pour laquelle ce soir nous faisons une démonstration de danse en couple.
CW : Parmi les gens qui pratiquent la danse country, y a-t-il des danseurs de salon ?
RW : La majorité, c'est non. Ce sont des non danseurs qui trouvent une porte d'accès beaucoup plus facile dans ce style de danse. Le plaisir que l'on en retire vient plus rapidement. On investit une demi heure et on repart avec une danse. En danse de salon, c'est beaucoup plus long : plusieurs semaines à plusieurs années.
CW : L'Internet et vous ?
RW : Je suis un nul en Internet car ce n'est pas ma génération. J'ai appris sur le tas. Je n'ai jamais eu de site à proprement parlé. Souvent les associations me demandent l'autorisation de mettre sur leur site une photo de moi accompagnée d'un arti-cle. Ce qui fait que ces informations circulent sur le net, et que les gens me trouvent à partir des Etats Unis de cette manière. Les gens m'écrivent du monde entier grâce aux efforts des autres. Je n'ai jamais rien fait pour exploiter l'Internet pour ma propre publicité, mais je sais que les gens me trouvent grâce à çà.