Markus Rill
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Texas."
M.F.: "Tu peux nous en parler?"
Markus:" Bien sûr. Je peux dire que c'est au Texas que j'ai 'décollé' vraiment. Austin est la capitale mondiale de la musique live. J'y ai fait des études de littérature il y a quelques années, en 1995. C'est pendant mon séjour aux States que j'ai commencé à jouer dans de petites formations. Ce que j'ai très vite aimé chez les Américains, c'est leur grande ouverture d'esprit par rapport à la musique, par rapport à tout type de musique en fait. Les gens se fichaient pas mal que je ne sois pas américain, tant que ma musique leur plaisait, ils en redemandaient… Et puis, ils m'ont laissé m'exprimer… "
M.F.: "Qu'est-ce que tu veux dire par 'Ils m'ont laissé m'exprimer'?"
Markus: "Ils ne m'ont jamais dit 'Tu es allemand, laisse tomber! C'est pas un truc pour toi!' Par exemple, tu peux t'ap-proprier le jazz sans être exactement le Noir qui est remonté le long du Mississipi avec sa trompette ou sa clarinette. Au-cun esprit de ségrégation, aucun sec-tarisme. Beaucoup de réceptivité. C'est probablement ce qui a stimulé ma créa-tivité. Il me semble que j'aurais été plus limité en Europe. L'environnement amé- ricain est vraiment parfait. Je ne me suis pas inscrit dans la tradition jazzy pure et dure, mais plutôt dans la mouvance rock. C'est tout cela que j'ai mis en pratique quand je suis rentré chez moi."

M.F.: "Est-ce que tu écris seul ou est-ce que tu prends les avis de tes musiciens et de tes amis? "
Markus: "Pour écrire, il faut que je sois seul. Il faut que je considère le texte comme parfaitement au point avant de le présenter à l'orchestre. C'est seulement après que j'ai des idées pour les arran-gements. Ensuite, il y a un travail en commun sur la chanson et on discute de la place de tel ou tel accord. Alors, on peut commencer les répétitions et c'est à ce moment-là que l'on peut con-sidérer que l'on tient le texte définitif… Le rythme, le tempo peuvent conduire à faire des modifications. Mais, bon, quand j'écris, vraiment, il faut que je sois seul."
M.F.: "Au début de l'interview, tu as par-lé de la période où tu étais 'jeune et naïf'. Comment te sens-tu aujourd'hui? Moins jeune, ou plus vieux?"
Markus: "Pas vraiment plus vieux… Simplement, quand j'avais une quinzaine d'années, je voyais les choses différem-ment. Je ne jouais d'aucun instrument. Depuis, j'ai appris beaucoup, bien sûr. Je ne suis pas en train de dire que je fais des trucs fantastiques, mais je me suis amélioré."

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caine, te positionnes-tu dans ce con-texte européen ?"
Markus : "Je ne pense pas me situer dans la mouvance traditionnelle. L'écri-ture de mes textes est plus complexe que celle de la Country populaire. Les rythmes sont différents aussi, plus tra-vaillés."
M.F.: "Tu as séjourné aux States, n'est-ce-pas?"
Markus
: "Oui, j'ai fait des études au
M.F. :" Que penses-tu de la place gran-dissante que la Country a récemment prise en Europe ?"
Markus : "C'est une bonne chose. La Country recouvre une grande diversité d'expressions et de sensibilités musi-cales. On ne voit pas pourquoi elle n'aurait droit de cité qu'aux States. Toute musique est le reflet d'une culture et tou-te culture doit s'exporter pour évoluer, non ?"
M.F. : "Comment, en tant que musicien allemand influencé par la culture améri-
M.F. : "Quand on se promène sur ton site, on peut lire, entre autres, les méls que tu adresses régulièrement à ton public. Tu as traversé en 2001 ce que tu appelles 'une période de réflexion'. Com-ment les choses vont-elles aujourd'hui ?"
Markus :" Il y a eu un creux de vague, c'est vrai. Le décès de ma mère m'a conduit à faire une pause, à reconsidérer la vie en général, et mon parcours en particulier. C'est important pour moi d'être sincère avec mon public, même si cela me fait courir quelques risques ; en particulier, le risque d'apparaître comme un musicien tourmenté… "
M.F. : "C'est aujourd'hui ton troisième concert chez nous. Tu te plais sur les scènes françaises ?"
Markus : "Beaucoup ! Il y a eu Craponne en 1999. Je voudrais dire que l'ambiance de Craponne est tout à fait particulière. Il faut se donner à fond pour avoir le senti-ment d'être accepté avec ses différences.
C'est peut-être ce qui, finalement, fait la différence avec les States… Il y a une distance qu'il faut couvrir avant de pouvoir vrai-ment rencontrer son public et partager avec les autres musiciens et les autres groupes."
M.F. : "Ton dernier album est arrivé dans les bacs le 20 juin 2001. A quand le prochain ?"
Markus : "Probablement au printemps. C'est en bonne voie."
On entend des échos non assourdis d'une musique entraînante : les Tortillat Flat chauffent leus voix et leurs instruments.
Des va-et-vient en coulisses. Du mouvement autour de nous.
Markus est décidément un musicien sincère et attachant. Un vrai travail avec de l'émotion et de l'authenticité
19h : Tout le monde se retrouve autour d'une très longue table. On partage saucisson de Lyon, pommes de terre fumantes, camembert et clémentines.
20h30 : Le public des adeptes commence à arriver. Chapeaux pointus, robes noires flottantes, masques drôlatiquement effrayants. Petits et grands sont à la fête.
21h : En piste ! ! Mais ceci est une autre histoire. Plus construite, mais toujours joyeuse et conviviale. Peut-être la vôtre, puisque vous étiez sans doute au Rail ce soir-là !
Texte : Monique F. - Photos : Laetitia Cucurni