Des
gens qui sont venus avec une fausse idée, pensant qu'ils ne trouveraient que
des chapeaux de Cow-boy et qui ont été contents de trouver de la musique pour
tous les goûts.
Ca ça me plaît. Parce que là, on touche d'autres gens. Et ce sont des gens
qui vont revenir. Et qui vont s'apercevoir que ce n'est pas du tout ce qu'ils
croyaient. Cette image de la Country me tient à cœur."
CW : "Je pense que tous les amateurs de musique country se trouvent
devant le même dilemme."
Lionel : "Ca commence à être pesant. Et puis, il y a un autre
problème, c'est la relève des musiciens. Quand tu vas dans un festival country,
tu vois beaucoup de danseurs, beaucoup de motos, de voitures, ce qui moi ne
me dérange pas spéciale-ment. Mais tu amènes un jeune de quinze, vingt, vingt
cinq ans là dedans, ça va pas le brancher. Pour trouver des jeunes musiciens
qui prennent la relève c'est pas évident. Et ça aussi c'est inquiétant. A
la pédal Steel guitar, au niveau professionnel, nous sommes trés peu
de musiciens. Quand j'organise des stages, il n'y a pas de jeunes. Et c'est
grave."
Lionel :"Ici
je leur ai fait une après-midi spéciale pour être tranquille. C'est quand
même idiot. Et ils ne viennent pas aux concerts, parce que ça ne les intéresse
pas. Ca démontre bien qu'il y a un problème. Ils le clament haut et fort.
Et en plus, ils organisent des soirées Line dance en même temps que le festival.
Et ça je n'apprécie qu'à moitié."
Cw : Je crois que le problème est un peu partout."
Lionel : "Oui, mais personne bouge et tout le monde dit amen.
Mais moi, je ne dis pas amen et puis c'est tout."
On pourrait dire, il y a les line dancers d'un côté, qui aiment ça et d'un
autre côté, les concerts et tout va très bien. Mais ce n'est pas le cas. Toute
cette image a détruit l'image culturelle, musicale, artistique, créative de
la musique Country. On n'en parle plus. Ca n'existe plus. Et çà, ça m'énerve,
violemment."
CW : "Et en France, connais-tu d'au-tres endroits où il y a plus
d'espace pour les musiciens."
Lionel : "Craponne, Tullins, ici, et basta ! De temps en temps,
dans des endroits qui tentent le coup, un peu plus culturels. Sans être élitiste.
Quand je dis culturel, je ne veux pas faire peur, je veux dire dans le sens
concert. Si ce côté là ne perdure pas tout va s'écrouler un jour. C'est dans
ces lieux là que la musique peut évoluer. Mais bon tout ça c'est un
long débat."
Magazine
Web consacré aux gens qui vivent et font vivre la musique country en
France



CW
: "Mais, il y a aussi des festivals, l'été comme Craponne-sur- Arzon."
Lionel : "Craponne, c'est un festival de musique, donc pour moi,
ce n'est pas un problème. Tullins, c'est un festival de musique, ici c'est un
festival de musique et les autres moins, sans être méchant. Je ne veux pas tout
mettre sur le dos des Line dancers, mais je me suis aperçu ces derniers temps,
que lorsque j'appelle : voilà, je suis Lionel Wendling, je fais de la musique
Country, américaine. J'ai fait un voyage au Etats Unis. On me répond : oui mais
nous on a beaucoup de Line dancers, est ce que vous jouez aussi les tubes? Moi
je ne joue que la musique que je connais, que j'ai envie de jouer. Et ça pose
des problèmes. On voudrait que l'on joue avec des chapeaux, les morceaux des
line dancers. Nous sommes arrivés à un point où ce sont carrément les danseurs
qui décident ce que les musiciens doivent jouer et ça ne me plaît pas. Que ce
soit clair."
CW : "Mais il y a encore des organisateurs qui ne font que des concerts
qui ne s'adressent pas aux Line Dancers."

CW
: "Sur l'Alsace, la Line Dance est plus implantée que la Musique?"
Lionel : "La Line dance est très importante ici. Ce que les gens
veulent ici c'est de la danse et des fêtes de la choucroute à la sauce mexicaine,
l'été avec de la bière, de la desperados, quelques motos. Ce qu'ils font ne
me pose pas de problème en soi, mais c'est le fait que ça en pose d'autres qui
sont beaucoup plus graves pour la suite des événements. Cela ne laisse plus
de place à la musique. Il en découle une image douteuse de ce qu'elle est. Je
ne sais pas comment la musique country va continuer à se développer. Ca ne motive
pas les musiciens, ca ne motive pas les organisations de lieux culturels. Ils
ne veulent pas en entendre parler. Tu dis Country dans un lieu culturel, ils
ne te répondent même pas. C'est un problème quand même parce que cette mauvaise
image a créé un blocage sur les musiques américaines, le bluegrass, la country.
Qui
a dit que l'on ne verrait jamais Lionel avec un Stetson?
Ca c'est tout l'humour provocateur du sieur Wendling.
En tout cas le scoop est pour moi !
Tullins
Juillet 1999
Lionel
Wendling : Profession Musicien
CW :"
Parle-moi de ton parcours de musicien."
Lionel : "Ca va durer longtemps!"
Cw : "On va essayer de faire un raccourci."
Lionel : "Du début jusqu'à nos jours?
J'ai commencé par la musique classique, flûte traversière, contrebasse, puis
un jour j'ai entendu un album de New Riders of the purple sage et il y avait
dedans, un instru-ment qui me plaisait bien. Je ne savais pas trop ce que c'était.
Je pensais que c'était de la guitare hawaiienne, mais c'était pas vraiment ça.
Et j'ai découvert que c'était de la pédal Steel. Donc, c'est vraiment un flash.
Comme c'est un des clichés de la musique country, je me suis inté- ressé à tout
ce qui gravitait autour, notamment le bluegrass. Et j'ai fait de la contrebasse
bluegrass profession-nellement pendant longtemps, tout en jouant un peu de Steel.
J'ai joué avec plein de monde, des américains.